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2008/7/24 Avoir 18 ansJ'ai dix huit ans, l’heure est grave Dans un corps maigre que je refuse à regarder Le monde est sans pitié Pour mon désir de vivre sans entrave
Horizon sans espoir, désir d’ailleurs Conquérir le monde, tel est mon rêve Je veux une vie qui n’est pas la leur Je refuse leurs amours mais d’amour j’en crève.
Je cherche quelqu’un qui me comprenne Je veux trouver ma route M'échapper à tous ceux qui me retiennent Ma vie n’est que questionnements et doutes
J'exècre ce monde qu’on m’impose Je refuse que l’on désigne mon sort A ma fenêtre je veux des roses Mais quand vient l’aube j’interpelle la mort
Avoir dix huit ans ça m’est bien passé Nostalgique je suis, mais pas de mon visage Celui de maintenant me plait assez Aujourd’hui mes rêves s’ont devenus mirages
On dit que le bonheur n’existe pas Seulement des moments heureux Je dis que le malheur n’existe pas Seulement des moments malheureux. 2008/7/22 Araguaia ma rivière - Le retour
BR-164 direction Aruanã en passant par Itaberaï, presque 400 km de route moitié défoncée, à essayer d’éviter les nids de poules que dis-je ? Des cratères, à éviter les vaches, car dans certains endroits du Brésil la transhumance se fait encore par la route surtout dans l’état du Goias, dont l’économie est essentiellement tournée vers l’élevage et l’agriculture. Mais il en faut plus pour me décourager, je voulais a tout prix revoir l’Araguaia. Cette rivière qui m’avait laissée des souvenirs magiques et que j’avais vue pour la dernière fois en 1978. (Voir billet de novembre). Premier constat : l’Araguaia, il faut encore la mériter. Après cette route infernale, elle vous accueille avec ses moustiques : les « bourrachudos » un minuscule moustique presque invisible, dont la piqûre ne laisse personne indifférent car sa particularité est de provoquer de terribles démangeaisons. Je crois qu’ils se sont souvenus de moi les bourrachudos parce qu’ils ne m’ont pas quittés d’une semelle, ils ne m’ont épargnée même pas les plantes de pieds, les salauds. Fallait aussi faire attention à quelques piranhas et quelques raies venimeuses camouflées dans le sable mais à part ça, le fleuve est d’une beauté à couper le souffle. Passés les moments d’émotions et de retrouvailles je décide de faire quelques explorations. Là où en 1978 il n’y avait que les indiens Karaja et aucune maison en dur, aujourd’hui, Aruanã est une ville entièrement dévouée au tourisme. Pas au tourisme écologique comme on pourrai imaginer, mais tourisme sauvage où on vient exclusivement pour pêcher et faire la fête. Où les riches de Goiânia arrivent avec leurs 4/4 chargés de boissons alcoolisées et repartent remplis de gros poissons, des jacarés (petit caïman). Ils emmènent la ville à la rivière et repartent laissant les lieux sales et saccagés. En remontant l'araguaia sur 30 km je n’ai vu aucun tracaja (petite tortue) très abondante encore il y a trente ans, à peine deux peixe-boi (lamantin) et un caïman, mais j’ai vu des cabanes installées tout au long du fleuve et des sachets plastiques accrochés aux arbres, des bouteilles de bières et des fils à pêche et autres déchets laissés sur les îlots de sable, endroits où les oiseaux viennent pour nicher. Ma première heure sur cette île, je l’ai passée à ramasser des détritus ensuite j’ai pris des photos et je les ai envoyés au préfet de Aruanã avec une proposition : créer une taxe, écotourisme pour dépolluer le fleuve, réglementer le trafic et la vitesse de toute embarcation , qu'elle que soit car le vitesse liée à l'intensitée du trafic , produisent des vagues qui vont butter contre les berges, provoquant ansi l'erosion et faisant tomber les arbres dans la rivière. Empêcher la prolifération des bars flottants appartenant à des gens qui n’ont qu’un objectif : tirer le maximum de profit du fleuve. Ses gens là arrivent avec leurs arrogance, leur ignorance, avec un total mépris de l’écosystème. D’autres installent des enceintes géantes sur leurs embarcations et mettent la musique à fond la caisse créant ainsi la panique et un stress terrible pour les oiseaux qui viennent nicher à cette époque de l’année. Le sort des Karaja est celui dont j’avais imaginé en partant. Ils sont toujours en marge de la société. Ni dans leur mode de vie ancestral, ni totalement intégrés dans la société brésilienne. Ils sont « choses du gouvernement » mais on s’en sert d’eux pour faire vendre, on emploit des noms et des mots d’indiens pour désigner les hôtels les embarcations, les agences de voyage et tout ce qui fait référence à une écologie de façade. Les indiens même ne profitent pas de l’argent apporté par ce tourisme et durant tout mon séjour je n’ai vu aucune ONG, ni personne d’un quelconque organisme de protection de l’Araguaia, ni de répression des fraudes comme j’ai pu lire dans la presse. |
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