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2009/4/28 BR-153
Qu'est-ce qu'ils ont tous à atterrir chez nous tous ces barges, ces zinzins, ces fadas, ces maloucos? La maison de mes parents saurait-elle devenue lieu de réparation pour "petits vélos?" Faut dire que dans un rayon de 50 km, leur l'épicerie était le seul lieu où les gens pouvait se rencontrer pour se donner des nouvelles, échanger quelques infos utiles, boire un guarana, un verre de cachaça, voir deux, trois, même dix, se ravitailler en tabac, en bric-à-brac, jouer au foot les dimanches après-midi ou attendre le bus. Par le fait qu'elle soit située au bord de la route BR-153, qui relie Brasilia à Bélem,(non goudronné à l'époque) la propriété de mes parents; maison, épicerie et quelques hectares de terre, étaient plus qu'un lieu de passage mais un lieu de vie et parfois de mort. J'ai vu notre maison servir de maternité à des femmes qui sur le point d'accoucher, n'arrivaient pas à attendre le bus qui les mèneraient à la ville la plus proche. J'ai vu des gens mourir dans la maison de mes parents, après une bagarre pour un match de foot, ou une histoire passionnelle. Une femme enceinte atteinte d'éclampsie, ou encore cet enfant d'environ deux ans, prostré dans les bras de sa mère, les yeux retournés, le teint verdâtre. Tous attendaient le BUS. Ce bus qui n'arrivait pas, ou qui arrivait trop tard et qui décidait du sort des êtres, était le seul moyen de transport vers les commodités de la ville. La route poussiéreuse et caillouteuse était aussi le lieu de transhumance et de transport du bétail des fermes environnantes. Parfois ces "boiadeiros" faisaient halte chez nous. Pendant que mon père leur servait à boire, ma mère, aidée de quelques femmes s'affairaient en cuisine pour leur préparer à manger. Le bétail se désaltérait et se reposaient d'une très longue marche sous un soleil à faire éclater les pop corns. Mais la route ramenait aussi des assassins en cavale, des schizophrènes, des cinglés et tous les rejetés de la vie, qui trouvaient chez mes parents, un réconfort, un plat de nourriture, de quoi se laver et un matelas pour passer la nuit. Ceux là, ils me fascinaient, et je pouvais passer longtemps avec eux, à leur parler et essayer de connaitre leurs histoires parmi leurs récits délirants et incohérents. Je devais avoir 7 ans et je m'étais prise d'affection pour l'un deux: un certain madeira da folha, « bois de la feuille »comme il se nommait lui même. Celui-là, la seule chose qui l'intéressait c'était la chasse aux papillons et quand il en attrapait un, il lui arrachait les ailles et la trompe, le laissant mourir au soleil comme un vulgaire asticot sur pattes . Salaud de coucou. Un jour il s'est approché de moi, s'abaissant à ma hauteur, il m'avait regardé dans les yeux, et m'avait dit que j'allais partir très loin quand je serais grande, que mon destin ne serait pas celui de tous ces bouseux qui m'entouraient. Cela m'avait fait sourire. Ensuite il a prit la route et je ne l'ai plus jamais revu. J'étais loin d'imaginer que ce lieu de mon enfance était le noyau de ce qui est aujourd'hui un village. Caiçara 2009/4/26 France - Brésil. Et trois zeroLa France est en train de rattraper le Brésil dans le mauvais. Je viens d'un pays où le « Jeitinho » (l'antichambre de la corruption) fait partie des us et coutumes. Elle se trouve dans tout les étages de la societé. Contourner la loi est aussi banale que d'aller chercher son pain à la boulangerie. Parler de corruption dans la société brésilienne, ne surprend et ne choque plus personne. En France ce n'est pas pareil. Parler de corruption s'était tabou il y a encore peu de temps et même maintenant ce n'est pas le sujet que les français aiment aborder. C'est vrai j'aurais pu vous parler du PID (produit intérieur doux) de Loos-en-gohelle, où les gens sont heureux même sans rolex et trouvent que Séguéla est un con avec un grand C. Mais depuis quand j'aime parler des trains qui partent à l'heure, hein? Je vais sans doute froisser quelques esprits franchouillards, et certaines susceptibilités chauvines, mais les faits sont là. Depuis quelques années, la France cumule faits et travers que j'ai toujours détesté dans la société brésilienne et que je pensais ne jamais les retrouver ici. What's new pussy cat? La dernière « bombe » en date est l'affaire de l'achat de diplômes universitaires par les étudiants chinois. La France est le pays touristique par excellence et puisque je vous tiens la jambe, je vous propose un nouveau concept. Le tourisme universitaire. A l'université des êtres bien nés, le professeur Jean Sarkozy diplômé de l'université de Neuilly, auteur de cette phrase d'une inteligence innégalable: « s'il y a des riches en France, c'est qu'ils ont beaucoup travaillé » Pour une somme assez conséquente il vous délivrera le diplôme de: « Comment sauver les Riches » . Mais vous pouvez obtenir aussi: Maîtrise de savoir vivre- par maître Jacques Séguéla. Maîtrise de baratin et magouille politico-financiaire- par le professeur Bernard Tapie. Master d'évaluation- par Raymond Domenech. Diplôme de droit- parrainé par le Juge Burgaud. A la FAC Catho, soeur Ségolene vous délivrera le diplôme du pardon. La France est le pays des céllules psychologiques, des gens qui savent tout et le paradis scolaire. Les Facs ont des trous au plafond, des murs délabrés, les profs sont payés au lance pierres, mais Grand maître Sarko dans son immense compassion et son savoir en communication et prestidigitation, vous donnera gratuitement le diplôme de magicien. Souvenez-vous de sa célébré phrase: «Comment voulez-vous que je prenne de l'argent dans des caisses qui sont déjà vides?" Mais ensuite il a sauvé les banques avec des milliards. Voyez bien, un autre tourisme en France c'est possible et ça rapporte. Si la France continue comme ça, bientôt elle va pouvoir changer son beau drapeau tri-color par celui-ci: REPUBLICA DAS BANANAS 2009/4/19 Jacques Tati a cassé sa pipe une deuxième foisLa RATP n'a rien trouvé de mieux pour rendre hommage à Jacques Tati que de lui ôter sa légendaire pipe en mettant à la place cet horrible moulin à vents de couleur criarde. Sans doute dans ce délire actuel du « tout sécuritaire » ils ont appliqué la loi Evin à la lettre. Monsieur Jacques Tatischeff a du faire des pirouettes dans sa tombe et tirer quelques bouffées de rage, si toutefois ils ont eu l'idée le l'enterrer avec sa pipe. Alors quand est-ce que Ségolène s'excuse? Monsieur Hulot station Plastac. Mesdames, Messieurs, le train ZIK n° 00133 est en retard pour des raisons d'acte de malveillance. Mégots allumés sur la voie. -Elle a de la ligne hein? -Dites-moi, combien de cylindrées? -Regardez, vous pouvez fermer la porte avec un doigt -Ce qui est imbattable. Mesdames et messieurs, le train en direction de Melun est en retard d'une demi heure pour des raisons de chiens écrasés sur la voie! -Afin que vous compreniez bien. Ici la polymérisation est accélérée par la tension de la... L'ensemble est tout le temps sous contrôle, et nos alimentateurs sont des saturateurs à air chaud qui assurent la permutation des liquides... -Je me permets de formuler une opinion. -Madame Harpel, (sans doute le modèle choisie par Ségolène Royal au Sénégal) Quelle jolie maison! -Pour ouvrir la porte il suffit de passer devant le rayon lumineux! Message destinée aux voyageurs: « La RATP décline toute responsabilité en cas d'accident. Veuillez vous éloigner de la bordure des quais. » -Oh un suicide! -Oh y'a du sang! -Je t'en supplie. N'y vas pas Roger! Votre attention Mesdames et Messieurs. Le train en direction de Villiers-le-Bel a été supprimé pour des raisons de feuilles mortes sur la voie. -Non, non, et non, ça ne peut plus durer! -Mettez le contacte Georgette! -Votre voiture est formidable! Oh qu'elle est belle! -Contacte! -George, tu oublies tes gants! Tes gants! -Vous partez? Dommage! -Oh Monsieur Hulot! -Au revoir! Tout les trains de la ligne A, B, et D du RER ont été annulés pour grève illimité d'une certaine catégorie du personnel. Demerdez-vous et surtout allez vous faire foutre. La RATP et la SNCF vous remercient. Enlevez ce moulin à vent ridicule... ...Rendez à Tati ce qui lui appartient, car Tati sans sa pipe ça n'existe pas! 2009/4/5 La femme invisible
L'insoupçonnable invisibilité de l'être Je ne sais pas pourquoi. Ça vient comme ça. Dès les premiers contacts de la journée, vous sentez qu'elle n'est pas en votre faveur. Dès le matin à la boulangerie, vous dites bonjour et personne ne répond. Chez le boucher, il vous fait répéter deux ou trois fois avant de vous servir. A la poste on vous double sans même vous regarder. Dans la rue on vous bouscule sans vous demander pardon. Mais quel est donc ce voile de brume qui empêche les autres de nous voir? Il y a en moi trop de connexions de silences. Faut pas chercher plus loin, je suis devenu l'espace d'une journée la femme invisible. Spectatrice, le modèle anthropique. Triste objet de décor pour Gare SNCF. Un jour comme ça, je me trouvais dans une salle d'attente dans une clinique. Et pour passer le temps je cherchais quelque chose à lire dans un Marie Claire parmi les centaines de pubblicités que compte ce magazine, quand ma page fut soudain obscurcie par une ombre. C'était une femme modèle extra-large, dont rien que le cul devrait faire 300 hectares, car il débordait largement de sa chaise couvrant ainsi une grande partie de mon manteau en laine d'alpaga fraîchement arrivé du Pérou. Cette femme ne me regardait pas, ne m'adressait pas un mot, mais elle envoyait en ma direction un air fétide qui s'échappait de ses naseaux dilatés par une respiration saccadée et haletante, que je n'arrivais pas à déterminer s'il sortait d'une cave de maroilles à Blaringhem ou d'un cadavre en partie décomposé. Cependant, j'étais 100% sûr d'une chose: mes si chers 40 cm de protection (dont je vous ai déjà parlé dans un autre billet) étaient encore une fois volés en éclat. Tant bien que mal, j'essaye de dégager mon manteau coincé sous les fesses de dame Mammouth, quand elle daigne enfin me regarder, en émettant un bruit en guise d' « excusez-moi », d'une voix façon GAROU (pas le loup mais le chanteur), après une nuit de bringue à la belle étoile du nord Canadien en sirotant une bouteille de Rye sous l'aurore boréale. Personne ne me regardait, impressionnés qu'ils étaient par l'engin. Je devais avoir l'apparence d'une mouche écrasée sur le cul d'une vache. J'aurais bien voulu me dégager de là, ou déplacer ma chaise un peu plus loin, mais les dites chaises étaient clouées au sol comme dans un Maniconio, comme s'ils avaient peur qu'à force d'attendre, elles nous colleraient aux fesses et que l'on reparte chez nous avec. Je suis donc obligée de rester sur ma chaise clouée (c'est bien le cas de le dire) par une horrible douleur sciatique et attendre sagement mon tour. A ce moment là, j'ai presque de l'empathie pour ces gens qui, fous de douleur et de rage, prennent une arme à feu et tirent dans le tas. J'essaye de rester cohérente déjà troublée par mon invisibilité parce qu'être invisible c'est peut-être un rêve pour certains mais pour moi c'est un cauchemar. Certes j'ai bien voulu disparaître dans bien des moments de ma vie comme ce jour où....(trop long à raconter). Ce jour là, je devrais être tellement dans mes pensées, que j'ai du actionner le mécanisme qui m'a rendu invisible. Peut-être que cette femme elle aussi avait la tête ailleurs. Perdue dans l'immensité de son corps qui la faisait souffrir monstrueusement, alors elle avait décidé de s'assoir n'importe où, même sur moi, quelle importance ? Alors faites attention z'amis blogueurs, et pas moins blagueurs, même si vous voyez une chaise vide, il se peut qu'il y a quelqu'un. Caiçara 2009/4/3 Quand la justice défaille le peuple déraille
La bronca de la semaine « loi de Lynch »-de son créateur un certain William Lynch (l736-1796) Virginie. Juge de paix, il instaura des procès expéditifs menant parfois à des exécutions sommaires à l'encontre des défenseurs de la couronne britannique. La loi de Lynch donna naissance au mot « lynchage » vers 1837 qui désigna un déferlement de haine raciale à l'encontre des Indiens. Voici pour l'histoire. Ce phénomène d'une extrême violence est de plus en plus répandu au Brésil. Dans ce pays où le système judiciaire est en faillite, les peuples révoltés, victimes d'agressions quotidiennes, ont perdu toute confiance en la justice et décident de la substituer livrant ainsi « le suspect » à la vindicte populacière. Au Brésil le lynchage est devenu spectacle. La télé poubelle, toujours plus avide des reality shows les plus ignobles fait son chou gras et fait exploser les compteurs d'audience. Diffusés aux heures de grande écoute, adultes, adolecents et enfants, sont ainsi exposés à des scènes d'une violence inouïe. Ces pseudos journalistes osent prendre la place de la police, des avocats et du juge, ils interrogent les victimes, de la manière la plus écœurante et tendancieuse, ils se permettent de porter le jugement pour contenter les foules enragées. La police laisse faire cette presse charognarde, n'intervenant qu'au dernier moment avant la mise à mort, pour sauver de justesse le « délinquant » devenu victime. La présomption d'innocence, ils ne la connaissent pas. La foule réclame vengeance et applique la loi du Talion. Il y a quelques années, le lynchage était réservé aux pédophiles, aux violeurs, aux nounous maltraitantes, maintenant on lynche pour un vol de portable, un cambriolage. Le Brésil est un pays abolitionniste pour les crimes ordinaires. La dernière exécution remonte à 1855. Le système juridique au Brésil a pour base le droit romain. " La peine de mort n'est applicable qu'en temps de guerre tel que définit l'article 84 XIX de la constitution" mais de plus en plus le peuple réclame son instauration. Je suis loin de donner raison à la dictature mais depuis que le Brésil est en democratie, on n'a jamais autant tué. Mon pays est une terre de grands contrastes. Dans certains domaines il est à la pointe de la téchnologie, il est le plus grand pays catholique des trois Amériques, pourtant les gens peuvent se montrer trés intolérants et a tout moment basculer dans l'horreur. De ce côté là, je ne suis pas étonnée. L'horreur est trés écumenique. Je ne suis pas sociologue, ni sortie d'écoles jungienne, ou Freudienne pour pouvoir analyser la societé brésilienne mais je voudrais la comprendre. Dernièrement une cooperation entre la France et le Brésil est en marche pour combattre les violences urbaines mais les résultats sont encore loins d'être visibles. Fritz Lang, lors d'une interview, avait répondu à cette question terrible: -"Vous croyez que l'homme est lui seul maître de son destin ou les autres sont-ils aussi responsables?" Réponse: Fifty-Fifty. Caiçara |
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