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    10/30/2008

    Soleil Vert... La solution?

     
     
     
    Le soleil vert sélectionné dans Cinéma et Court métrage

    Soleil vert
    New-york en 2022. L'immense mégapole, surpolluée et surpeuplée est nourrie par l'aliment miracle que produit la "Soylent incorporated". A la suite d'un meurtre, un officier de police est amené à enquêter sur cette société. Il découvrira l'horrible secret de la nourriture offerte aux hommes...

    Soleil vert (Soylent Green) est un film américain réalisé par Richard Fleischer, sorti en 1973. C'est un film souvent considéré comme annonciateur, car dans les années 70, les problèmes écologiques étaient déja posés. Le film est considéré aujourd'hui encore comme d'actualité, à cause des nombreux problèmes que connait la Terre (épuisement des ressources, famines, pollution, etc... ) J'ai adoré ce film. Je l'ai revu il n'y a pas longtemps et je le conseille à tous ceux qui ne l'ont pas encore vu.

    Bon WE Cinéma.

    Olavo Bilac est de circonstance

     

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    (Photo-Bruno Silva- Agradecimentos)

    Du fond de mon être, j’entends et je suspecte

    Une multitude de soupirs et de râles

    Millions d’âmes vivantes enterrées

    Cité submergée de ma dépouille pâle.

     

    Parfois une torpeur d’eau stagnée…

    Mais, soudain une tempête défait :

    Fête, agonie, jouissance, désespoir,

    Clameur des cloches, tintements des épées.

     

    Processions et mutineries, gloires et luttes

    Pleurs et hosannas…Bouillir le sang nouveau

    Fermentation d’un monde aride et brute…

     

    Mais dans l’espoir que je m’émeuve

    C’est dans le cri des doutes que j’entends,

    L’incertitude et l’aurore de mon peuple !

    Olavo Bilac-Traduction Caiçara

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    Un peu d'humour...Noir bien sûr  

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    Dorénavant si vous êtes au bout du rouleau, Mme Dati instalera des interphones chez vous et ça vous sauvera la vie.

    Allô SOS amitié? J'vais me flinguer...

    ... POOOOOUM !!!!!

    ça me rappelle quelque chose.

    10/26/2008

    Poème racaille

     

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    Mon liquidambar ose donner la rime à Prévert

    Les souvenirs et regrets

    Se conjuguent au passé

    Je participe présent

    Pour pouvoir m'élancer

     

    Tes feuilles mortes se ramassent à la pelle

    Les miennes appartiennent aux vents mauvais

    Le vent du nord, m'ensomeille

    Je m'éveille du printemps à l'été 

     

    Toi, le grand  Pré Vert

    Tu as ton importance

    T'es bien plus fort en rimes

    Que moi en fleurs et  fragances

     

    Moi Liquidambar, je n'ai pas d'arrogance, pas de haut cime

    Majestueux aujourd'hui, je le serai plus qu'hier

    Toi t'es déjà sous terre, tu côtoies Racine

    Avec mes feuilles mortes je t'habille pour l'hiver.

    Caiçara.

    "Un grand poète vraiment grand est la moins poétique de toutes les créatures. Mais les poètes mineurs sont extrêmement fascinants. Plus leurs rimes sont mauvaises, plus ils sont pittoresques. Le simple fait d'avoir publié un livre de sonnets de second ordre rend un homme tout à fait irrésistible. Il vit la poésie qu'il ne peut pas écrire. Les autres écrivent la poésie qu'ils n'ont pas le courage de vivre. Oscar Wilde"

    10/23/2008

    Aujourd'hui je suis bonne pour un poème de Bilac



    Image Hosted by ImageShack.us      J'en reviens pas.

           Ça fait pas mal de temps que j'écoute France-inter. Il paraît que c'est une radio pour ceux qui ont quelque chose entre les deux oreilles. D'abord j'ai vérifié que j'avais bien deux oreilles, j'ai secoué la tête et j'ai entendu gling gling dans ma boite crânienne. C'est ainsi que je me suis rendu compte qu'il y avait bien quelque chose. Depuis je me suis franceintérisée malgré le fait que les publicités sur cette radio éveillent en moi  des envies de meurtre. Faudrait pas qu'un témoin de Jéhovah sonne à ma porte au même moment que j'écoute une pub et que je me trouve dans la cuisine avec un rouleau à pâtisserie à la main. Ça pourrait mal se terminer.

          Je suis donc dans ma cuisine en train de faire une tarte aux pommes. Tous les ingrédients disposés sur le plan de travail, les mains dans la farine jusqu'aux poignets. La beauté personnifiée du fantasme féminin de Claude Nougaro, quand cette phrase vient me titiller les neurones:« l'Angleterre s'intéresse de très près à ce que nous écrivons dans nos blogs ». Les blogs des Anglais vont être passés au peigne fin et leurs écrits stockés dans des bases de données. C'est officiel. Et comme tout ce qui est mauvais à l'étranger finit un jour ou l'autre par arriver en France, me voilà cuitas. Sarko va savoir que j'aime le roquefort à la banane, que je n'aime pas les religions, que je déteste les politiciens et que j'ai dit du mal de lui. 

          Poutz! J'aurais du faire un blog de recettes de cuisine, ou d'image qui clignotent accompagnées de phrases à deux balles mais on ne se refait pas n'est-ce pas?  J'ai autant de sympathie pour ces gens de la politique, que pour les nains de jardin. Respect pour ces derniers. Z'avez vu la Ségolene en télévangéliste ? Elle frisait la perfection.

         -Tous avec moi!!! Fra ter ni té...fra ter ni té (poil au nez)...La bouffonne continue la même rengaine: « Je vais faire monter le pouvoir d'achat des français » des fois qu'elle arriverait à faire monter quelque chose. Faudrait pas non plus qu'elle fasse comme Madonna qui ressemble plus à une capote usagée qu'à une bimbo. Je flippe grave! J'aurais du raconter mes cauchemars, au moins ça aurait pu intéresser un scénariste de films d'horreur. Quoi que... Ils m'auraient peut-être jugée dangereuse pour la société. 

         Je vais arrêter là, avant qu'ils n'ordonnent mon Habeas corpus ad respondum. On est en démocratie oui ou meeerrrrrde! Ma tarte aux pomme est presque finie, j'ajoute une dernière pincée de cannelle, quelques touches de crème fraîche et hop! Dans le four. Tiens qu'est-ce qu'il fait celui-là avec sa loupe, en haut de ma page? Ah bon, il vient juste pour mes fautes d'orthographe ? Voilà qui est rassurant, je me sens un brin parano ces temps-ci. Quant à Olavo Bilac vous ne perdrez rien pour attendre. Bon WE à tous dans la joie et la bonne humeur. Ou bien non, poussez un grand coup de gueule. Comme il vous plaira. 

    CaiçaraCreative Commons License

    10/21/2008

    A tous ces gentlemans cambrioleurs d'Afrique et d'ailleurs

    La pompe-Afrique 

    Quand les terres Africaines profiteront-elles véritablement aux peuples Africains?

    La famine en Afrique n'est pas seulement le fait de la sécheresse, ni une fatalité mais le fait qu'elle n'a pas été afranchie économiquement. Le pillage de sa  "matéria prima" continue et maintenant même les chinois s'y sont mis avec la complicité des dictateurs corrompus.

          Le "cambrioleur Gangster" est à l'honneur dans le cinéma et les médias. Pas une journée sans qu'on entende parler de ses prouesses. Il sera un jour sans doute nommé: grand bienfaiteur de l'humanité. Mesrine c'est guignole. Il existe d'autres cambrioleurs malfaiteurs bien que subtils, beaucoup plus néfastes et prédateurs dont on ne parle pas assez. Quand va-t-on rendre hommage à ces cambrioleurs en costume-cravate, souvent sortis des grandes écoles, beaux-parleurs, en parfaite aisance et connaissance de leurs rôles à jouer sur la scène internationale. Ces cambrioleurs là, beaucoup d'entre eux, c'est nous mêmes qui les mettons au pouvoir.

    Chaque année on nous bassine avec la journée internationale du refus de la misère. On nous montre des gosses faméliques et des mères africaines en train de leur faire des galettes d'argile avec de l'huile en guise de nourriture. "Façon de nous dire: regardez tous, bouses que vous êtes et cessez de vous pleindre. Voyez comme ailleurs c'est pire". Je me suis toujours posée des questions au sujet de l'Afrique et plus particulièrement de l'Afrique francophone.  

         Pourquoi l'Afrique francophone est elle encore si sous-développée et continue à mourir de faim? Pourquoi tant de misère dans des pays si riches en matières premières? A qui profite l'argent du pétrole, de l'uranium, du bois, des diamants, des minerais? Pour quelles raisons le gouvernement français reçoit-il régulièrement avec tous les honneurs de la république des dirigeants africains parvenus au pouvoir par coup d'état ou d'élections truquées? Ces questions m'ont toujours troublée et je voulais connaitre la réponse.

          En 1998 François-Xavier Verschave, publie la Françafrique, le plus long scandale de la république. Cette enquête révèle la face cachée des relations franco-africaines: La confiscation des indépendances, le pillage des matières premières, le soutien des dictatures, Françafrique. France-à-fric*… Depuis quarante ans, la politique française en Afrique vise essentiellement à exploiter ses ressources naturelles et politiques. Les profits sont immenses. C’est pourquoi les armes importent peu : la corruption, le meurtre, la manipulation et la guerre. Ainsi, la France, soi-disant « patrie des droits de l’Homme », a soutenu les inspirateurs et auteurs du génocide rwandais**, dans un silence médiatique assourdissant. Affirmait-il.

    Avec l'immigration choisie, les Pays  Européens dont la France, ne se contentent pas seulement de prendre à l'Afrique et à d'autres pays leur matières premières mais ils  prennent aussi leurs cerveaux. Il serait bien plus logique que des médecins, des ingénieurs, et du personnel qualifié puisse rester ou retourner dans leurs pays d'origine et pouvoir le reconstruire, plutôt que de faire en sorte qu'ils soient obligés de partir pour les USA ou l'Europe où ils vont être sous payés, discriminés ou mal reconnus. 

    1. J'ai de la révolte et pas de solution à proposer mais je pense qu'il faudrait créer non seulement une journée, mais une semaine internationale du refus de la magouille, des politiciens et d'homme d'affaires corrompus. Ce serait peut-être bien plus efficace.
    2. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'enquête de François-Xavier Verschave:  http://www.les-renseignements-genereux.org/var/fichiers/brochures-pdf/broch-franca-20061012-oria5-a5livre.pdf

    10/16/2008

    Instants de Caiçara

     

    J'aime...

    Le roquefort avec de la banane.

     Le chocolat en buvant de la bière.

    Le Marsannnay  au repas du dimanche. Humm! Mais faut pas le dire.

    Les macarons... Je trouve cette gourmandise d'une extreme sensualité.

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    Je trouve plus de poèsie dans l'automne que dans le printemps.

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    Je préfère régarder des belles paires de fesses qu'une sale gueule.

     

    J'aime écouter Jacques Brel et pleurer sur "Le plat pays"

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    J'aime les plaisirs démodés de Charles Aznavour. Je sais,parfois je peux être trés vieux jeu.

    "Être dans le vent est une vocation de feuille morte."

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    Au plaisir...

     

    10/8/2008

    Mon ami du Brésil

          J'étais d'humeur aussi agréable qu'un tube de Wasabi quand j'apprends la nouvelle: Je vais revoir un ami de trés longue date, ça fait une dizaine d'années que nous ne sommes pas vus. Cette nouvelle me fait vraiment plaisir parce que ce mec là, c'est un antidote à la morosité, en sa compagnie la tristesse trépasse on se marre tout le temps... 

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    ...Il est une sorte de Jango Edwards brésilien. Ce genre d'ami que si un jour vous vous trouvez aux toilettes d'un restaurant et qu'il n'y a pas de PQ il va vous donner son t-shirt et ensuite il va voir le patron du resto et lui faire déduire le prix du t-shirt. Si c'est pas un preuve d'amitié ça?

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      ...Il est du genre à aller vous chercher à l'aeroport et vous emmener à son sitio (residence secondaire à la campagne) et vous faire une surprise du genre: Avoir invité vos meilleurs amis pour une méga fête; et quand vous arrivez crevés du voyage vous êtes accueillis par une vingtaine de personnes qui se jettent sur vous et qui vous mets dans la dance jusqu'à l'aube où jusqu'à ce que vous écroulez de fatigue...    

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    ...Ensambles nous avons découvert tout le littoral du Nordeste brésilien. A quatre dans sa voiture nous avons parcourrus plus de 9.000 km en partant de Guarapari dans l'état d'Espirito Santo jusqu'à Canôa Quebrada dans le Ceara. Voyage inoubliable. Il arrive en Novembre. Paris sera froid avec un ciel gris mais pour lui ce sera exotique. Je decompte les jours avec impatiente. Eduardo dépêches toiiiiii !!!

    10/5/2008

    Sorry, sorry, sinto muito, on passe sa vie à s'excuser


     

    Is there a light that never goes out?

          Quelqu’un s’est-il déjà senti au kilomètre zéro de nulle part? Je me sens comme ça aujourd’hui. Serait-ce la dépré post-partum de mon précédent billet ? « Si loin d’arriver…au point que je me suis fixée… »Mes limitations vont-elles littéralement me tuer? comme disait mon cher morrissey (que j’ai écouté toute la matinée) "take me out tonight where there's music and there's people who are young and alive [...] because I want to see people and I want to see light".

    Bien sûr certains préfèrent refouler, nier, être en total déni de leurs souffrances, faire semblant que tout va bien dans le meilleur des mondes et que l’on a de la chance, qu’il faut regarder autour de soi parce que ailleurs c’est piiiire !!!

    Exit- cette phrase crétine que j’entends souvent : « Ce qui ne tue pas rend plus fort » Foutaise oui !!! Ce qui ne tue pas nous fragilise et nier cette évidence fait de certains des vraies bombes à retardement. Nous sommes des géants de papiers dans un moule de ciment. Cassez le moule et tout s'éfondre. Nous sommes tous porteurs des stigmates de notre enfance. Pas moyen d’y échapper.On apprends à vivre avec c'est tout et la blogosphère (lieu ou on se livre très facilement)  m'a rendu forte de cette conviction.

    Parler, exprimer, extérioriser, crier, écrire sa douleur, même si c'est pas facile, même si on se sens vidé même si ça dérange, et tant pis pour le voisin à qui sa dérange le bruit de vaisselle cassé (et alors… tant que c’est pas dans sa gueule). Ça oui ça fait du bien, ça libère, ça rend plus fort et ensuite on peut regarder l’autre dans les yeux et afficher un vrai sourire, parce que nous nous aimons et parce que nous l’aimons aussi même si ce n’est que l’instant d’un sourire, mais cet instant là, il aura été sincère authentique et ça pour moi, ça vaut tout les sourires coincés et les regards fuyants qu’on m’adresse si souvent. Caiçara

    Mais je préfère finir ce billet sur ce dessin humoristique des "Malvados": traduction 

     
     
    J'essayais de me faire Sophie      Mais toute la fac aussi voulais        Sophie n'était pas seulement
    en faisant semblant d'être              se faire Sophie                              bonne mais aussi sincère. 
    poète :                                         Lui: Si tu me donnes une chance     Lui: Il n'y a personne qui t'aime 
    ...Et quand au plus profond          je te rendrais heureuse.                   plus dans ce monde que moi. 
    de mon être je me sens exilé        Sophie: Je fais l'amour avec les        Sophie: Si, il existe moi même. 
    du monde.                                   femmes c'est à la mode.
    Sophie: Oui mais qu'elle est
    ta voiture?
    10/3/2008

    Une Journée particulière ...

     

    Une journée particulière dans la vie de Janaïne

     

          A quoi rêvait-elle la gamine de neuf ans, qui marchait pieds nus dans la rue et qui disait merde à ses parents ?

         Janaïne l’avait pressenti. Quelque chose de grave allait se passer. Elle avait appris à écouter son sixième sens, qu’elle obéissait parfois et parfois non, selon les situations qu’elle rencontrait, car Janaïne était la curiosité en personne, ce qui d’après sa famille était un vilain défaut. "Ta curiosité te perdra Janaïne", lui disait sa grand-mère. Mais elle n’avait que faire de ses remarques, son envie de désobéir et de n’en faire qu’à sa tête étaient bien plus forte.

          On lui disait souvent qu’elle avait le diable au corps, quand elle se blessait et que sa mère, au lieu de lui porter secours, l’engueulait ou l’insultait, quand ce n’était pas des châtiments corporels. La mère de Janaïne n’était pas aimante avec ses enfants. Sans doute éprouvée par six grossesses non désirées, elle leur faisait payer le prix de ses frustrations. Femme soumise à son mari et autoritaire avec ses enfants. Une chose était bien claire dans l’esprit de Janaïne : »elle ne ressemblerait jamais à cette mère ».

          Ce mardi matin de juin était inhabituellement frisque sur le chemin de l’école. Le vent du sud était levé, celui dont on disait qu’il venait de Patagonie, car il était froid et sec, brûlait les feuilles de arbres et desséchait la peau. Pourtant Janaïne était confiante, elle savait que l’après-midi serait chaud et qu’elle allait jouer avec ses copains aussitôt finis les devoirs et les corvées domestiques. Cette pensée la remplissait de joie. Elle ne se compliquait pas la vie. Dès le moment où elle pouvait jouer dans la rue, on pouvait beaucoup lui demander. Son père savait qu’il pouvait lui faire confiance et peu à peu il lui enseignait son travail. Il avait une petite entreprise familiale de fabrication de glaces et sorbets. La maison où habitait Janaïne était aussi son lieu de travail,  elle y passait presque tous ces après-midi à remplir les gros bacs de sorbets aux diverses saveurs pendant que son père, torse nu, habillé d’un bermuda, tongs au pieds, jouait aux dames avec ses copains, à l’ombre d’un arbre devant la maison. Quand il gagnait, il se levait de sa chaise en poussant des cris de bonobo et jouait une samba avec ses doigts sur son gros bide.

          Ce que Janaïne n’aimait pas faire c’était changer les fils électriques des machines, car tout les soirs à minuit le courant était coupé dans presque toute la ville et il fallait passer à l’énergie du moteur diesel, tache normalement réalisé par son père, jusqu’au jour où Janaïne as apprit à le faire. Il était connu dans le quartier et craint pour ses coups de gueule. Certains voisins savaient qu’à la maison c’était un tyran, ils entendaient les cris des enfants, mais jamais ils n'intervenaient. Il se faisait une drôle d’idée de l’éducation et de l’amour parental. Il avait décidé que la vie de ses enfants se résumerait en : École, travail, église et quand il détectait une peur chez l’un deux, sa méthode était radicale.

          Janaïne avait la phobie des fourmis rouges, parce qu’elles avaient une pince au bout de leurs têtes. Elle les avait observé mettre à nu un rosier avec une précision chirurgicale et son père n’a rien trouvé de mieux que de l’obliger à rester debout sur le fourmilier. Elle sentait les fourmis prendre ces jambes pour leur chantier en arrachant au passage de petits bouts de peau jusqu’à mi cuisses. Au bout de quelques minutes le bourreau était satisfait, elle pouvait retourner à ses occupations…

          Janaïne n’était pas pauvre, mais elle se sentait bien parmi eux et jouait plus souvent avec leurs enfants qu’avec les enfants des familles aisées, trop gâtés trop protégés, elle avait une affection toute particulière pour les enfants des rues. Ce n’était pas par pitié qu'elle les amenaient chez elle pour leurs donner un bain, un repas ou une séance d’épouillage. Elle avait de l’admiration pour ses gamins qui a force de vivre dans la rue, avait développé un système incroyable d’auto défense. Ils savaient tirer sur toutes le ficelles pour attendrir les adultes et en tirer le maximum de profit, ils étaient rusés, vifs, courageux. Elle les appelait tendrement « les petits soldats ».

          Cette journée de juin, réservait à la jeune enfant des fortes montées d’adrénaline. Onze heures trente la sonnerie retentissait dans tout l’établissement annonçant ainsi la fin des cours.

          Janaïne ramassa livres et cahiers, en vitesse les serra fortement contre sa poitrine naissante et poussa un soupir libérateur. Le soleil était aveuglant à cette heure de la journée. Le vent avait perdu de sa force et de sa froideur. C’est à peine s’il arrivait à soulever la poussière de ses pas dans la rue sans asphalte qui l’a conduisait jusqu’à la maison. Perdue dans ses pensées elle marchait lentement comme pour économiser son énergie quand soudain elle entendit des cris d’enfant. Ces cris là, elle les connaissait, c’était ceux de sont petit frère. Son cœur palpitait et elle s’est mise à courir, courir... elle savait qu’il était en danger. Depuis tout petit qu'elle avait appris à reconnaître ses pleurs, selon qu’il avait faim, qu’il était malade ou qu’il criait sous les coups de ceinturon de son père. Là il s’agissait bien de cette troisième possibilité.

          Janaïne folle de rage arracha l’enfant des mains de son père, l’entoura de ses bras et parti le cacher au fond du grand jardin. Fallait pas toucher à son petit roi. Qu’avait-il fait pour mériter un tel traitement ? Un petit ange blond de moins de deux ans. Elle le comblait d’amour et d’affection. Pour lui elle aurait décroché les étoiles. Il voulait la plus belle mangue tout en haut de l’arbre, elle montait la lui chercher. Peu à peu les pleurs de l'enfant on fait place au sourire quand Janaïne imitait la grosse poule noire qui gonflait ses plumes et fonçait sur lui comme pour le picorer. Maintenant il riait aux éclats et voulait jouer au cheval alors elle l’a mis sur son dos et ils partirent pour une longue ballade dans les rues poussiéreuses. Une centaine de mètres plus loin, en bas de la rue transversale elle aperçut un groupe de personnes et décida d’aller voir de plus près. Maintenant elle était sûr , ils se trouvaient devant le cimetière. Elle avait reconnu une voiture de police et une ambulance. Les gens arrivaient de toutes les directions. Sa curiosité était plus forte il fallait qu’elle aille voir ce qui était en train de se passer. Elle s’était mise à courir avec son frère sur le dos qui la prenait pour son cheval. Arrivée devant le cimetière, le premier portail était ouvert, le deuxième aussi. Elle entra. Sur sa gauche se trouvait un abri pour se protéger du soleil. Janaïne se força un chemin parmi les curieux. Elle aussi voulait tout voir.

          Sur un banc en ciment jaune, un homme était assis. Il tenait dans ses bras un enfant d’environ quatre ans dans un état de putréfaction avancé. L’enfant était nu, il était tout gonflé, n’avait plus ses yeux et son ventre était énorme . Des asticots sortaient de sa bouche et rampaient sur les mains et les bras de l’homme. Un jus noirâtre tombait goutte à goutte au long de son pantalon et de ses chaussures. L’odeur était nauséabonde, ce qui n’empêchait pas les journalistes de prendre des photos sous tous les angles. Les policiers criaient sur l’homme mais il ne disait rien, impassible le regard vide.

          Janaïne a tout vu, fallait rentrer maintenant avant que ses parents ne s’inquiètent. Lentement elle est sortie du cimetière avec le sentiment que personne n’avait remarqué sa présence. Le soleil était droit dans le ciel, pas l’ombre d’un nuage. Janaïne sentait ses jambes vaciller, sa vue s’obscurcir, son estomac faire des nœuds dans son ventre. Elle pausa son frère par terre et vomit. S’en fut trop pour cette journée. Elle était témoin d’une scène horrible et devait garder ça pour elle. Surtout ne rien dire aux parents, ni à ses sœurs, elle connaissait trop bien leurs réactions. Seul son petit frère partagerait ce lourd secret avec elle mais il était trop jeune pour lui apporter des réponses à ces innombrables questions.

          Janaïne ce soir là, n’est pas parti jouer dans la rue comme a son habitude. Elle resta dans sa chambre, oreille collée à la radio dans le cas où ils en parleraient au journal du soir. Les images défilaient en boucle dans sa tête et elle n’arrivait pas à se débarrasser de cette horrible odeur. Impossible de manger, elle voulait pouvoir dormir, dormir pour tout oublier, mais la radio était là, pour lui rappeler qu’elle devait rester éveillée jusqu’à minuit pour changer les fils de ses foutus machines à sorbet.

    Par Caiçara. (Merci d'avoir eu la patience de me lire).    Creative Commons License

    10/2/2008

    Instant Tropical

     

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    Instant Tropical

    Si j’avais cette nuit ton corps, j’en ferais une sculpture

    De mes mains que tu aimes tant

    Tout en te caressant

    Partir pour l’aventure.

    Si j’avais cette nuit ton corps,

    Je le transformerais en condor

    Pour survoler mes montagnes et mes vallées d’or

    Au pays de mon corps tu serais conquistador.

    Au pays de ton corps, je déposerais mes essences tropicales

    Pour éveiller en toi

    Tous tes instincts de mâle

    Au pays de ton corps je serais équinoxiale.

    Si j’avais cette nuit ton corps

    J’en ferais mon loisir

    De mes mains toucher ton désir

    De ma bouche…

    Du pays de ton corps je ferais jaillir ton plaisir.

    Si j’avais cette nuit ton corps

    Je le ferais supplier

    Mes caresses subtiles qui t'ont fait rêver

    C’est au pays de ton corps que je voudrais m'exiler.

    Caiçara

    (Agradecimentos à Mariah por esta foto)

    Creative Commons License